Passages des planètes Mercure et Vénus devant le Soleil
Sommaire
|
I. Introduction
Les passages de Mercure et Vénus devant le Soleil, sont des phénomènes
rares qui ont été observés par les astronomes depuis
plusieurs siècles (voir à ce sujet la page
sur l'historique de l'observation des passages).
Aujourd'hui, ils sont surtout une curiosité attendue impatiemment
par les astronomes amateurs.
Les prochains passages auront lieu :
Parmi les corps du système solaire de taille importante, seules
la Lune et les planètes Mercure et Vénus peuvent passer devant
le Soleil pour un observateur terrestre. Si, dans le cas de la Lune le
phénomène (éclipse de Soleil) est courant, il n'en
est pas de même pour Mercure et Vénus : le phénomène
de passage devant le Soleil est rare. Il est, bien sûr, moins spectaculaire
qu'une éclipse de Soleil : le diamètre apparent maximum de
Mercure est en effet de l'ordre de 1/200ème de celui du Soleil et
celui de Vénus est de l'ordre de 1/30ème. Dans le cas de
Vénus, le passage est aisément observable à l'oeil
nu, moyennant quelques précautions pour
la protection des yeux. La méthode d'observation par projection
de l'image solaire sur un écran blanc est la meilleure.
Ainsi d'un point de vue purement calculatoire, le calcul d'un passage
de Mercure ou de Vénus devant le Soleil est identique au calcul
d'une éclipse de Soleil par la Lune. Bien évidemment compte
tenu des diamètres apparents de ces deux planètes "l'éclipse"
est toujours annulaire ou partielle.
II. Explication du phénomène: l'aspect
géométrique
Les planètes Mercure et Vénus, éclairées
par le Soleil, donnent naissance, dans la direction opposée au Soleil
à deux cônes, un cône d'ombre et un cône de pénombre.
La droite joignant le centre du Soleil et le centre de la planète
constitue l'axe de ces cônes. Le sommet du cône de pénombre
est situé sur cet axe entre le Soleil et la planète, et le
sommet du cône d'ombre est également situé sur cet
axe mais de l'autre côté par rapport à la planète.
Pour un observateur placé dans le cône d'ombre, avant son
sommet il y a éclipse totale du Soleil par la planète, pour
un observateur situé dans le prolongement du cône d'ombre,
donc après le sommet du cône d'ombre, il y a éclipse
annulaire du Soleil par la planète, donc passage de la planète
devant le Soleil. Lorsqu'un observateur se trouve dans le cône de
pénombre, il assiste à une éclipse partielle, donc
un passage partiel de la planète devant le Soleil. En raison des
distances entre la Terre et ces deux planètes, la Terre passe uniquement
dans le prolongement du cône d'ombre et dans le cône de pénombre.
Cela se traduit pour un observateur terrestre par l'observation d'un passage
de la planète devant le disque solaire (éclipse annulaire)
compris entre deux phases partielles. On peut également avoir uniquement
un passage de la Terre dans la pénombre, dans ce cas on n'observe
qu'une phase partielle d'éclipse, donc le passage d'une partie du
disque de la planète sur le disque solaire.
Si les orbites des planètes Mercure et Vénus étaient
dans le plan de l'écliptique (plan de l'orbite de la Terre), il
y aurait un passage des planètes devant le Soleil chaque fois que
les planètes sont en conjonction en longitude avec la Terre, donc
avec des périodicités égales aux révolutions
synodiques des deux planètes. La révolution synodique est
l'intervalle de temps qui s'écoule entre deux passages successifs
d'une planète dans une position déterminée par rapport
au Soleil et à la Terre (conjonction ou opposition). L'inclinaison
de l'orbite de Mercure (~7°) et de Vénus (~3,39°) limite
la possibilité des passages aux voisinages de la ligne des noeuds
des orbites. La ligne des noeuds est la droite formée par l'intersection
du plan de la planète et le plan de l'orbite terrestre.
Le plan de Bessel est le plan passant par le centre de la Terre et normal
à l'axe des cônes. Les intersections des cônes d'ombre
et de pénombre avec le plan de Bessel déterminent des cercles
d'ombre et de pénombre. La comparaison des rayons de ces cercles
avec la distance entre l'axe des cônes et le centre de la Terre permet
de savoir si le centre de la Terre pénètre dans les cônes
d'ombre et de pénombre, donc de savoir si le passage est observable
ou non.
Si les planètes avaient des trajectoires circulaires autour du
Soleil, la géométrie du problème serait figée
et les tailles des cônes d'ombre et de pénombre, ainsi que
la position de leurs sommets, seraient constantes dans le temps. En réalité
les planètes parcourent des trajectoires elliptiques perturbées
et les distances Soleil-planètes ne sont pas constantes. Les plus
grandes valeurs des angles au sommet des cônes d'ombre et de pénombre
des planètes correspondent aux minima des distances Soleil-planètes
(planètes au périhélie) et les plus petites valeurs
correspondent aux maxima des distances Soleil-planètes (planètes
à l'aphélie). En réalité comme les passages
ne sont observables qu'au voisinage des noeuds des orbites, il convient
de calculer les dimensions des cônes d'ombre et de pénombre
au voisinage des noeuds des orbites des planètes. En raison des
perturbations les lignes des noeuds des planètes, ainsi que les
lignes des apsides (ligne joignant le périhélie et l'aphélie),
ne sont pas fixes, mais sont animées de faibles mouvements de précession.
La période de révolution correspondant à deux passages
de la planète par le même noeud de l'orbite s'appelle la révolution
draconitique et la période de révolution correspondant à
deux passages de la planète à son périhélie
s'appelle la révolution anomalistique de la planète. Pour
le calcul des passages on doit utiliser des éléments moyens
donnés dans le repère moyen de la date, le mouvement des
lignes des noeuds et des lignes des apsides contiennent donc la précession,
ce qui explique leurs mouvements apparemment directs alors qu'ils sont
faiblement rétrogrades dans un repère fixe.
Le tableau suivant donne les valeurs moyennes des éléments
elliptiques (Simon et al., 1994) des orbites de Mercure et Vénus
dans le repère moyen de la date ainsi que les périodes moyennes
des révolutions tropiques et synodiques de ces planètes calculées
à l'aide de ces éléments. La révolution tropique
d'une planète est l'intervalle de temps qui s'écoule entre
deux passages de la planète dans la direction de l'équinoxe
de printemps.
|
Mercure |
Vénus |
Terre |
| demi-grand axe |
0.387098 ua |
0.723330 ua |
1.000001 ua |
| excentricité |
0.205632 |
0.006772 |
0.016709 |
| inclinaison |
7.004986 |
3.394662° |
0° |
| longitude du noeud |
48.330893° |
76.679920° |
--- |
| longitude du périhélie |
77.456119° |
131.563703° |
102.937348° |
| moyen mouvement |
4.092377°/jour |
1.602169°/jour |
0.985647°/jour |
| révolution tropique |
87.968434 jours |
224.695435 jours |
365.2421904 jours |
| révolution synodique |
115.877477 jours |
583.921361 jours |
--- |
Le tableau suivant donne pour les planètes les mouvements moyens
des lignes des noeuds et des apsides ainsi que les périodes moyennes
des révolutions draconitiques et anomalistiques dans le repère
moyen de la date.
|
Mercure |
Vénus |
Terre |
| mouvement moyen du noeud |
42.700014"/an |
32.437576"/an |
0"/an |
| mouvement moyen du périgée |
56.03043"/an |
50.47747"/an |
61.900553"/an |
| révolution draconitique moyenne |
87.969132 jours |
224.698895 jours |
365.2421904 jours |
| révolution anomalistique moyenne |
87.969350 jours |
224.700819 jours |
365.259636 jours |
Les passages de Mercure ont lieu aux voisinages des passages de la Terre
par le noeud ascendant et par le noeud descendant de l'orbite de Mercure.
Entre 1400 et 2600, la Terre passe par le noeud ascendant de l'orbite de
Mercure dans la première moitié du mois de novembre et par
le noeud descendant dans la première moitié du mois de mai.
De même les passages de Vénus ont lieu aux voisinages des
passages de la Terre par les noeuds de l'orbite de Vénus. Entre
1200 et 2800, la Terre passe par le noeud ascendant de l'orbite de Vénus
dans la première moitié du mois de juin et par le noeud descendant
dans la première moitié du mois de décembre.
III. Critères pour qu'un passage soit possible,
périodicité
Si les passages peuvent avoir lieu à certaines dates précises
dans l'année, ils ne se produiront pas à chaque fois. Il
se passe le même phénomène que dans
le cas des éclipses de Soleil: les inclinaisons relatives des
plans des orbites ne permettent pas un phénomène à
chaque interposition de la planète entre la Terre et le Soleil.
Dans le cas de Mercure, ils sont possibles en mai lorsque Mercure passe
par le noeud descendant de son orbite
et en novembre lorsque Mercure passe par le noeud ascendant de son orbite.
Cependant, lors des passages de mai , Mercure est proche de son aphélie
et se déplace donc plus lentement; au moment du passage au noeud,
la Terre, vue du Soleil doit être à une distance angulaire
inférieure à 108' pour que l'on puisse observer le passage.
Par contre pour les passages de novembre, la vitesse de Mercure sur son
orbite est plus forte et la Terre, toujours vue du Soleil , doit être
à une distance angulaire inférieure à 238' pour que
l'on puisse observer le passage. Donc le nombre de passages observables
en novembre seront statistiquement environ deux fois plus nombreux que
les passages observables en mai. Si l'on étudie les dates des passages
de Mercure devant le Soleil, on peut mettre en évidence des périodes
de récurrences de ces passages. Il existe une période de
46 ans et une période de 217 ans. On peut, comme pour les éclipses
du Soleil, construire des séries longues de passages espacés
de 46 ou 217 ans. Ainsi le passage du 15 novembre 1999 est le dernier d'une
série, le passage précèdent appartement à cette
série est celui du 14 novembre 1953.
Dans le cas de Vénus, on peut faire un calcul analogue, mais
son orbite plus grande et son mouvement plus lent diminue considérablement
le nombre de passages. Ces passages sont observables soit au voisinage
du noeud ascendant de l'orbite de Vénus vers le 9 décembre,
dans ce cas la Terre, vue du Soleil, doit avoir au moment du passage de
Vénus à son noeud, une distance angulaire inférieure
à 37' pour que le passage soit observable; soit au voisinage du
noeud descendant de l'orbite de Vénus vers le 7 juin, en ce cas,
la Terre, vue du Soleil doit avoir au moment du passage de Vénus
à son noeud, une distance angulaire inférieure à 41'
pour que le passage soit observable. Les périodes de révolutions
de la Terre et de Vénus sont prédominantes dans la fréquence
des passages observables. On met en évidence le cycle suivant 8
ans, 121.5 ans, 8 ans, 105.5 ans pour les passages observables de Vénus.
On voit ici pourquoi deux passages se suivent à huit ans
d'intervalle
avec, ensuite, une longue période sans passage possible
car il faut
que la distance angulaire Soleil-Vénus vue de la Terre revienne
à une
valeur inférieure à 37' ou 41' permettant l'observation
d'un passage.
IV. Le calcul des passages
1. Les méthodes employées
Par le passé, lorsque les calculs étaient faits à
la main, on se contentait de calculer les phases géocentriques des
passages, c'est-à-dire les instants des entrées et des sorties
du centre de la Terre des cônes de pénombre et d'ombre. Et
l'on traçait sur un planisphère les limites de visibilité
du phénomène, c'est-à-dire les courbes des lieux ayant
la planète à l'horizon au moment de l'entrée et de
la sortie du cône de pénombre. On calculait également
le minimum de distance angulaire géocentrique entre le centre du
Soleil et le centre de la planète, ce minimum caractérisant
en quelque sorte la grandeur du passage. Pour l'édition des instants
des différentes phases géocentriques, et pour des raisons
de symétrie, on se limitait souvent à donner l'instant du
minimum du passage et les demi-durées des phases d'ombre et de pénombre.
Lorsqu'on se limite aux calculs des phases géocentriques, on ne
trouve pas les passages partiels ne couvrant qu'un demi-hémisphère
terrestre et ne passant pas par le centre de la Terre.
De nos jours, grâce à l'informatisation des calculs, il est
possible de faire des calculs plus rigoureux et de déterminer les
instants et positions des différents contacts entre les cônes
d'ombre et de pénombre et la surface de l'ellipsoïde terrestre.
Ces instants sont les phases générales du passage. Chaque
phase, comme pour les éclipses de Soleil, correspond à un
instant particulier et à un lieu bien défini sur la Terre.
Ces phases générales tiennent compte des parallaxes solaire
et planétaire.
Les phases générales sont légèrement plus longues
que les phases géocentriques, les différences de durée
correspondent au temps mis par l'ombre ou la pénombre pour passer
du point de contact au centre de la Terre. Ces écarts ne sont pas
constants, mais varient avec les vitesses relatives de la planète
et de la Terre et avec la position des points de contact sur les bords
de l'ombre et de la pénombre. Les différences de tailles
entre les rayons des cônes d'ombre et de pénombre montrent
qu'il peut y avoir des passages où la Terre passe uniquement dans
le cône de pénombre, dans ce cas on observe de la Terre un
passage partiel du disque de la planète sur le disque solaire. Lorsque
la Terre rencontre l'axe des cônes, il existe des lieux sur Terre
où la planète lors de son passage devant le Soleil passe
exactement par le centre du disque solaire, ces passages seront notés
passages centraux. Tous les autres passages, et ce sont les plus fréquents,
sont des passages non-centraux.
En conclusion, il y a trois types de passages, les passages centraux,
les passages non-centraux et les passages partiels.
2. Les cartes
Les limites de visibilité des débuts et fins des différentes
phases correspondent aux cercles terminateurs avant pour pôles les
directions des lieux ayant la planète au zénith. Pour chaque
phase considérée, ces limites sont les lieux ayant la planète
à l'horizon. Les instants des différentes phases géocentriques
et topocentriques étant relativement proches, les tracés
de toutes ces courbes sur une même carte sont peu lisibles. C'est
pourquoi, on se contente de tracer le début et la fin de la phase
de pénombre. On peut tracer soit les phases géocentriques,
soit les phases générales, la différence entre ces
deux courbes est faible (surtout pour les passages de Mercure). En général,
les revues anglo-saxonnes donnent les phases géocentriques; pour
notre part, dans les documents fournis par l'Institut de mécanique
céleste, nous traçons les phases générales
ainsi que la phase maximale (minimum de distance). Dans le cas de Mercure
on ne donne que les limites d'entrée et de sortie de la pénombre
et la phase maximale, pour Vénus on donne les limites des entrées
et des sorties de la pénombre et de l'ombre ainsi que la phase maximale.
Sur ces cartes on trace également les limites australes ou boréales
du bord de l'ombre ou de la pénombre lorsqu'elles existent.
3. Les circonstances locales
On appelle circonstances locales d'un passage pour un lieu situé
à la surface de la Terre les paramètres utiles à l'observation
locale du passage. Ces paramètres sont :
-
Les coordonnées géographiques du lieu (sa longitude et sa
latitude).
-
Le nom du lieu.
-
La durée totale du passage en ce lieu.
-
L'instant du maximum du passage en Temps universel (instant où dist.
est minimale).
-
dist. : la distance minimale entre le centre du Soleil et de la planète.
-
h : la hauteur apparente du centre du Soleil (on ne tient pas compte
de la réfraction athmosphérique).
-
a : l'azimut apparent du centre du Soleil (attention, il s'agit de
l'azimut des astronomes et non celui des marins).
-
Les paramètres du premier contact extérieur.
-
Les paramètres du premier contact intérieur.
-
Les paramètres du dernier contact intérieur.
-
Les paramètres du dernier contact extérieur.
Pour chaque contact, on donne successivement : l'instant du contact en
Temps universel, les valeurs de l'angle au pôle P et de l'angle
au zénith Z du point de contact. Si le contact n'existe pas
ces données sont remplacées par des points.
L'angle au pôle P d'un contact est l'angle ayant pour sommet
le centre du Soleil et pour côtés la direction du pôle
nord céleste et la direction du contact. Il est compté positivement
vers l'est à partir de la direction du pôle céleste.
L'orbite de Mercure et de Vénus n'étant pas dans le plan
de l'équateur céleste, les contacts extérieurs et
intérieurs ne se situent pas obligatoirement de part et d'autre
de la direction du pôle céleste nord.
L'angle au zénith Z d'un contact est l'angle ayant pour
sommet le centre du Soleil et pour côtés la direction du zénith
et la direction du contact. Il est compté positivement vers l'est
à partir de la direction du zénith.
V. La construction des canons des passages de Mercure
et de Vénus devant le Soleil
1. Paramètres et théories utilisés
Nous avons construit deux canons des passages de Mercure et de Vénus
devant le Soleil, un par planète, portant sur la période
-2999 (3000 av. J.-C.) à 3000 après J.-C.
Pour le calcul de ces canons nous avons utilisé les paramètres
physiques suivants :
-
la parallaxe horizontale du Soleil à une unité astronomique
= 8.794148".
-
le demi-diamètre solaire = 15´ 59.63".
-
le rapport du rayon de Mercure sur le rayon équatorial terrestre : k = 0.3825096.
-
le rapport du rayon de Vénus sur le rayon équatorial terrestre : k = 0.9488346.
-
le rayon équatorial terrestre = 6378140m.
-
le carré de l'ellipticité de l'ellipsoïde terrestre
= 0.00669438.
Pour le calcul des éphémérides des planètes
Mercure, Vénus et la Terre nous avons utilisé les théories
suivantes :
-
Les théories planétaires SLP98 sous forme de séries
de polynômes de Tchebychev produites par G. Francou à partir
des théories planétaires VSOP87 (P. Bretagnon et G. Francou,
1988).
-
La théorie de la précession de Lieske (1976).
-
La théorie de la nutation de Wahr (1981).
-
La formule du calcul du temps sidéral d'Aoki (1992).
-
Pour les époques anciennes, la différence entre le temps
universel (UT) et le temps terrestre (TT) est calculée à
l'aide des formules fournies par J. Chapront, M. Chapront et G. Francou
(1997). Pour les époques futures cette différence est extrapolée
à partir des dernières valeurs connues.
2. Statistiques sur les canons
Le tableau suivant donne les statistiques sur les canons des passages.
| Canon |
Passages de Mercure |
Passages de Vénus |
| Nombre de passages centraux |
2 |
3 |
| Nombre de passages non-centraux |
796 |
76 |
| Nombre de passages partiels |
11 |
3 |
| Nombre de passages au noeud descendant |
255 |
45 |
| Nombre de passages au noeud ascendant |
554 |
37 |
| Nombre total de passage |
809 |
82 |
On remarque que les prévisions déduites des caractéristiques
sur les tailles des critères de visibilité se vérifient.
Ainsi pour Mercure on a 2.173 fois plus de passages au noeud ascendant qu'au
noeud descendant, le rapport L0 ascendant sur L0
descendant donnait 2.125. De même pour Vénus on a 1.21 fois
plus de passages au noeud descendant qu'au noeud ascendant le rapport L0
descendant sur L0 ascendant est égale à
1.13.
Pour le calcul de ce canon nous avons utilisé les paramètres
physiques suivants :
-
la parallaxe horizontale du Soleil à une unité astronomique
= 8.794148".
-
le demi-diamètre solaire = 15´ 59.63".
-
le rapport du rayon de Mercure sur le rayon équatorial terrestre : k = 0.3825096.
-
le rayon équatorial terrestre = 6378140m.
-
le carré de l'ellipticité de l'ellipsoïde terrestre
= 0.00669438.
Pour le calcul des éphémérides de la planète
Mercure et la Terre nous avons utilisé les théories suivantes :
-
Les théories planétaires SLP98 sous forme de séries
de polynômes de Tchebychev produites par G. Francou à partir
des théories planétaires VSOP87 (P. Bretagnon et G. Francou,
1988).
-
La théorie de la précession de Lieske (1976).
-
La théorie de la nutation de Wahr (1981).
-
La formule du calcul du temps sidéral d'Aoki (1992).
-
Pour les époques anciennes, la différence entre le temps
universel (UT) et le temps terrestre (TT) est calculée à
l'aide des formules fournies par J. Chapront, M. Chapront et G. Francou
(1997). Pour les époques futures cette différence est extrapolée
à partir des dernières valeurs connues.
Pour chaque passage, on donne les informations suivantes :
-
La date du maximum du passage.
-
L'instant du maximum topocentrique en UTC.
-
Le type de passage(P : partiel, C : central, NC : non central).
-
La distance minimale topocentrique entre le centre du Soleil et le centre
de la planète en minutes et secondes de degrés.
-
La durée de la phase générale du passage.
-
Puis pour chaque saros :
-
Le numéro du saros de ce passage (un astérisque * après
le numéro du saros désigne une série incomplète).
-
Le numéro de ce passage dans ce saros.
VI. L'observation des passages de Mercure et Vénus
devant le Soleil
L'observation de ces phénomènes nécessite l'observation
directe du Soleil, c'est donc une observation dangereuse. En résumé,
il faut, pour une observation à l'oeil nu, utiliser un filtre de
densité minimale 5 bloquant aussi bien le visible que les UV et
l'infrarouge (voir la page sur l'observation du Soleil
pendant une éclipse). Dans le cas d'un passage devant le Soleil,
la méthode fortement conseillée est celle de la projection
de l'image du Soleil sur un écran blanc: tous peuvent voir le passage
sans danger pour les yeux.
Pour observer le passage de Mercure ou de Vénus devant le Soleil,
il faut, bien sûr, que le Soleil soit visible aux instants prévus,
donc, tout simplement qu'il fasse jour. Enfin, la parallaxe fait que le
passage n'est pas vu sur la même partie du disque solaire selon le
lieu de l'observateur sur Terre. Ainsi, pour un passage rasant sur le bord
nord du disque solaire, il vaut mieux être dans l'hémisphère
nord : en vous déplaçant vers le sud, vous risquez de ne
plus voir de passage du tout... (c'est le cas du passage de Mercure le
15 novembre 1999 pour lequel certains observateurs de l'hémisphère
sud n'ont vu qu'une partie de Mercure devant le disque solaire). On
trouvera ici un lien vers une animation du passage de Mercure en conjonction
avec le Soleil, observé par le satellite SOHO.
accès
aux prédictions des passages de Mercure devant le Soleil
accès aux
prédictions des passages de Vénus devant le Soleil
accès à la prédiction
du passage de Vénus devant le Soleil du 6 juin 2012